La semaine dernière a eu lieu la conférence de rentrée de NPA Conseil. L’occasion de revenir sur les principaux sujets qui vont animer les secteurs des médias et du numérique au cours de l’année à venir. Au total, le cabinet de conseil a dénombré cinq sujet à suivre :

  • La Mission Lescure ;
  • L’évolution du cadre réglementaire de l’audiovisuel en général ;
  • L’univers connecté et multi-écrans ;
  • L’essor de la scripted reality en France ;
  • Le développement de la social TV.

De ces sujets, on relève plusieurs points riches d’enseignements quant à l’évolution de la social TV en France. Sous l’angle juridique notamment, on note le rappel de l’annonce du CSA d’effectuer un retour en arrière concernant l’hypocrite interdiction de mentionner Twitter ou Facebook à l’antenne.
L’intervention de Gilles Pezet a plus particulièrement retenu notre attention. Celle-ci commença par remarquer que chaque année, on nous prédit la fin de la télévision. Si la télévision est confrontée à des défis, elle peut également se saisir d’opportunités de taille.
Le premier défi est celui de la consommation délinéarisée de vidéo. Sur ce terrain, les chaînes sont concurrencées par un nombre toujours croissant d’acteurs de la VOD (sans compter la menace de Netflix ou de Lovefilm). Mais surtout, avec le développement prochain de la télévision connectée, l’arrivée des constructeurs TV va faire basculer le secteur de la VOD vers un modèle centré sur l’applicatif.

Pour Gilles Pezet, les chaînes sont en mesure de tirer profit de cette évolution en se basant sur leurs offres de télévision de rattrapage. Celles-ci connaissent un véritable succès. Ainsi, en juillet 2012, NPA a dénombré 273 millions de vidéos consommées en replay, soit une augmentation de 85% par rapport à juillet 2011. Au total, le cabinet estime que 3 milliards de vidéos auront été consommées en replay fin 2012, contre 1,8 en 2011. En développant et diversifiant leurs offres de VOD (notamment sur les terminaux mobiles), les chaînes seront en mesure de faire face à l’arrivée d’un Netflix ou d’un hypothétique Google TV.

Le second défi à relever pour les chaînes est celui du multitasking. D’après une étude de NPA et du CSA parue en juin 2012, 74% des internautes français utilisent au moins occasionnellement un 2nd écran en parallèle de leur consommation TV. Ce second écran est logiquement le lieu idéal pour le développement d’une expérience de social TV. Deux phases sont distinguées. La première consiste à apporter du contenu additionnel, c’est le cas de Danse avec les stars ou encore de Mots Croisés. La seconde phase se concentre sur la synchronisation du programme et du second écran. Cela permet de donner au spectateur du contenu directement en lien avec ce qu’il regarde. C’est sur ce principe que se base Zeebox ou TVcheck, mais aussi le check-in publicitaire de TF1 ou encore l’opération entre Shazam et SFR.

La problématique derrière cette seconde phase est que des acteur tiers peuvent se synchroniser sans contraintes aux contenus des chaînes (et sans obligation de payer quoi que ce soit). Gilles Pezet annonce alors que si les chaînes ne développent pas leur propre contenus synchronisés aux émissions, ce sont d’autres acteurs qui vont le faire à leur place.

L’intervention d’Estelle Boutiere nous a permis d’avoir un bilan quantitatif de la social TV en France (les données proviennent de Mesagraph). Ainsi, entre mars et août 2012, ce sont plus de 20 millions de tweets liés à la télévision qui ont été publiés. Les trois programmes les plus commentés ont été Secret Story (3 269 300 tweets), les Jeux Olympiques (943 500 tweets) et The Voice (901 600 tweets). Des chiffres qui sont en constante augmentation et qui sont très encourageants pour le développement de la social TV en France.

Enfin, cette conférence a également été l’occasion de présenter un nouveau pôle de NPA Conseil : La Factory NPA. Cette nouvelle structure est spécialisée en stratégie digitale et en management de contenus éditoriaux pour le compte des annonceurs. L’objectif de La Factory NPA est d’aider les marques à passer de la communication à la conversation : de prendre en compte les contenus et les expressions des consommateurs. Cela passe notamment par de nouvelles méthodologie de mesure des actions entreprises. Ce n’est plus seulement l’exposition qui compte, mais l’engagement.