Evénement encore peu courant en France, des tweets on été affichés et commentés en direct lors d’une émission de télévision en prime time. Cette émission est On n’demande qu’à en rire, où des humoristes s’affrontent pour participer à un spectacle au Casino de Paris. Ils sont ensuite départagés par le vote d’un jury et des téléspectateurs.
France 2 explique qu’ils ont décidé d’intégrer des tweets à l’antenne après avoir constaté que l’émission remportait un franc succès sur les réseaux sociaux. Il s’agissait donc davantage d’une opération tactique que réellement stratégique. L’utilisation des réseaux sociaux n’ayant pas été intégrée en amont de l’émission.

On s’installe, on se détend, on affute ses vannes… Les tweets les plus drôles seront diffusés à l’antenne. On vous attend ! :-) #ondar

— France2 (@France2tv) Avril 13, 2012

La partie technique du dispositif a été réalisée par l’agence Novious, qui s’était déjà occupée de l’opération similaire lors des Victoires de la Musique. Le rôle de la société est alors de filtrer le flux de tweets des utilisateurs et de d’intégrer les tweets sélectionnés à l’antenne. L’animation de la communauté a été laissée à France 2 qui a même assuré un live tweet de l’émission avec compte Twitter.

Au final, l’émission a réuni 3 millions de téléspectateurs, soit 14,3% de parts de marché. Elle se situe en 3ème position, derrière Koh-Lanta, la revanche des héros ( 7,3 millions de téléspectateurs et 27,7% de parts de marché) et NCIS ( 6,1 millions de téléspectateurs et 22,4% de parts de marché). Les performances de On n’demande qu’à en rire se révèlent donc moins bonnes que lors du premier prime en février. L’émission avait alors réuni 4 millions de téléspectateurs, soit 18% de parts de marché.

Sur Twitter en revanche, l’émission surpasse toutes les autres. D’après les données récoltées par tvtweet, #ondar a été tweeté 31 000 fois par 6 000 utilisateurs (soit une moyenne de 5 tweets par personnes). #kohlanta arrive loin derrière avec 10 300 tweets et 4 300 utilisateurs (soit une moyenne de 2,4 tweets par personnes). Cette supériorité est bien visible grâce aux courbes fournies par Devant La Télé :
Statistiques de Devant La Télé

Il est encore plus intéressant de comparer ces résultats avec ceux du premier prime time de On n’demande qu’à en rire. L’émission avait alors recueilli moins de 500 tweets et 300 utilisateurs (soit une moyenne de 1,6 tweets par personnes). On remarque donc que l’activité sociale qui a eu lieu lors du premier prime est sans commune mesure avec celle du second. Expliquer la très bonne performance du second prime uniquement par l’intégration de tweets à l’antenne et l’animation effectuée par France 2 paraît délicat. Pourtant, malgré un nombre de téléspectateurs moins important et la diffusion sur une autre chaîne d’une émission très populaire (et très tweetée) :

  • Le nombre de tweets a été multiplié par plus de 60 ;
  • Le nombre d’utilisateurs a été multiplié par 20 ;
  • La moyenne de tweets par utilisateurs a été multipliée par 3.

Ce succès est d’autant plus étonnant que les quotidiennes de l’émission obtiennent des performances qui sont proches de celles du premier prime. Nous pouvons donc facilement conclure que « pusher » l’utilisation de twitter lors d’une émission de télévision à un effet exponentiel sur son utilisation par les téléspectateurs.

Pour terminer sur une note juridique, aucune mention visuelle n’a été faite de Twitter. L’affichage des pseudo et des hashatgs semblent assez reconnaissables pour être compris par les téléspectateurs. En revanche, le nom de deux réseaux sociaux ont été cité oralement, ce qui est non conforme aux règles du CSA